Il existe maintenant deux courses dans la course. Trois équipages se battent encore pour la victoire finale, quand les autres n’ont déjà plus que la perspective de sauver les meubles et de commencer à préparer la deuxième étape.

Bienheureux les candidats à la victoire finale… A quelques encablures les uns des autres – l’encablure valant exactement un dixième de mille – Virbac-Paprec 3, PRB et MACIF sont lancés dans un sprint sans concession jusqu’à la ligne d’arrivée.
Pour leurs poursuivants c’est plus délicat. ACCIONA 100% EcoPowered, Cheminées Poujoulat et Groupe Bel ont la mince satisfaction d’être engagés dans un match leur permettant de comparer leurs performances respectives. Mais la pilule de Gibraltar a du mal à passer. Il faudrait être imprégné de philosophie tantrique pour ne pas laisser transparaître le moindre énervement. Ces trois-là ont passé une nuit entière à se débattre dans les calmes du détroit entre courants contraires, pièges de la nuit et trafic incessant des cargos provoquant une mer confuse. Et comble de malheur, il semble bien que les trois premiers ont bien pris le soin, à Gibraltar comme au cap Saint-Vincent de refermer violemment la porte derrière eux, laissant leurs poursuivants se heurter au chambranle de la pétole. Même l’équipage de Banque Populaire qui aura pourtant tout tenté pour se décaler du sillage des trois leaders a vu ses tentatives se solder par un écart grandissant sur la tête de course.
Préparer la deuxième étape
Même à bord des bateaux de tête, la deuxième étape commence déjà à se profiler. Les skippers profitent des dernières heures pour laisser la gestion de leur monocoque à leur équipage et engranger d’ores et déjà des heures de sommeil qui seront précieuses. Les équipes techniques préparent la liste des mille et une petites choses qu’il faudra faire sitôt le bateau amarré. La course contre la montre va commencer, avec comme objectif d’être prêt pour samedi après-midi avant d’aborder la grande étape en solitaire. 2300 milles en passant par les Açores et le phare du Fastnet, ce genre d’exercice demande une préparation méticuleuse. Vérifier l’usure des pièces sensibles, faire un check-up complet du bateau et notamment de l’électronique, réparer les quelques bricoles qui auront été endommagées dans le mauvais temps en mer d’Alboran, les équipes techniques ne vont pas vraiment avoir le temps de goûter les douceurs balnéaires de Cascais.

Les réseaux sociaux en pointe

Facebook, twitter, les navigateurs s’en sont donnés à cœur joie durant cette première étape. La proximité des côtes et la navigation en équipage ont favorisé l’émergence de petits messages courts, de vidéos, de photos du bord. Les nouveaux médias s’invitent à bord et qui sait si bientôt, des Internautes ne dialogueront pas en direct avec les navigateurs. Même si, navigation en solitaire oblige, le flux des informations risque de fortement se tarir sur la deuxième étape, c’est une tendance lourde qu’il faudra prendre en compte.

Ils ont dit

Guillaume Le Brec (Virbac-Paprec 3)

«On est à vue avec PRB à trois ou quatre longueurs de nous. La nuit a été assez intense, on a réussi à se décaler et à reprendre la tête au petit matin. Là, on est bord à bord, c’est assez stressant, en fait. Depuis le début de la course, le rythme est intense et on n’a pas pu tenir vraiment des quarts. Quand on sent que quelqu’un est fatigué, on essaye de lui laisser du temps pour se reposer. En tous les cas, naviguer avec JP et Bilou, c’est génial, c’est une fabuleuse expérience. J’en apprends tous les jours, c’est vraiment parfait. »

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire)

« On est dans des vents un peu faibles pour nous. On a tenté une option après Gibraltar pour essayer de recoller aux trois premiers, mais ça n’a pas été payant. Maintenant, on va essayer de rejoindre Cascais au plus vite, Parce qu’il y a une deuxième étape en solitaire qui se profile avec un temps de préparation assez court. Donc, si on peut ne pas trop traîner en mer, c’est mieux.»

François Gabart (MACIF)

« Plein de gens disent qu’il vaut mieux être chasseur que chassé. Personnellement, ça ne m’aurait pas dérangé d’être devant, c’est plus rigolo. Deux milles et demi d’écart, ce n’est pas beaucoup, mais en même temps, on sait qu’on n’arrivera pas à les rattraper en vitesse pure, parce qu’on essaye depuis plusieurs heures et les écarts restent identiques. Il va donc falloir essayer de créer un décalage. Normalement, nous devrions avoir deux virements d’ici l’arrivée. Ce sera peut-être dans le timing de ces virements que nous pourrons échapper au marquage des deux bateaux de devant. Mais, ils ne font pas beaucoup d’erreurs, ce ne sera pas facile.»

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