Comme tous les deux ans, cette saison est dominée par des courses en double. Il faut constituer un binôme, parfaire ses automatismes, apprendre de l’autre et se faire confiance. La bonne entente entre les skippers sur les pontons des Class40 facilite l’émergence de ces duos destinés à tout donner jusqu’à la Transat Café L’Or.

Antoine Carpentier a 49 ans et s’élance dans chacune de ses courses avec la même motivation qu’à ses débuts. Quand il évoque les subtilités du double en Class40, il a presque un ton de vieux briscard : « j’ai eu plein de binômes. Catherine Pourre, Maxime Sorel, Pablo Santurde del Arco, Nicolas Jossier, Ian Lipinski… Tu ne te dis jamais : ‘je vais faire progresser le bateau d’un concurrent’. Mais tu apportes tes connaissances, l’autre aussi, et tu donnes toujours le maximum ». Et Antoine, qui sera à nouveau associé à Ian Lipinski (n°202) puis à Rupert Henry (n°169) cette année, d’ajouter : « au foot, les joueurs changent de club mais les crampons restent les mêmes. Ce qui est particulier chez nous, c’est que cela implique aussi un partage des aspects techniques ».

« C’est du gagnant-gagnant ! »
Corentin Douguet, de retour dans la classe avec un nouveau bateau (n°209) fait équipe avec Axel Tréhin. Lui aussi compare avec le football : « ce ne sont pas des transferts du Real au Barça ou du PSG à l’OM. On ne se met pas avec quelqu’un qu’on déteste et qui devient ensuite un copain. Souvent, ce sont des amis, on s’entraîne ensemble… Ça se fait par complémentarité mais aussi par affinité ». Corentin connaît d’ailleurs Axel de longue date : « on est un peu de la même région, on est ancien Ministes, ça fait longtemps qu’on s’est dit qu’on naviguerait ensemble ».

Ian Lipinski, lui, assure « avoir toujours choisi des co-skippers qui étaient des adversaires que je craignais ». « L’idée, c’est que cette crainte se transforme en force même si j’ai toujours considéré ces marins comme des personnes avec qui je partageais la même passion, pas comme des adversaires ». Le skipper de Crédit Mutuel (n°202), qui fera équipe avec Alberto Bona à la CIC Med Channel Racel, sait « à quel point c’est riche de découvrir la manière de naviguer et les trucs et astuces de l’autre, tout en faisant découvrir les miens… C’est du gagnant-gagnant ! »

« Permettre de franchir un ‘step’ »
C’est également ce qu’apprécie Yaël Poupon qui sera co-skipper une bonne partie de la saison au côté de Lucas Rosetti (n°212). « La présence d’un co-skipper est toujours stimulante. Tout seul, tu as l’impression d’avoir toujours raison. Là, ça t’oblige à te confronter aux idées et aux points de vue de l’autre, ça peut te donner la possibilité de franchir un nouveau ‘step’ ». La collaboration avec Lucas est d’autant plus intéressante qu’elle a lieu dès la phase de chantier de son Musa40. « Ça nous permet de le mettre à la main de Lucas avant d’aller en mer ».

Yaël et Lucas s’étaient entraînés ensemble en Mini, Corentin et Axel se suivent depuis leurs années Mini, Ian et Antoine ont notamment appris à se connaître au Trophée Mer et Montagne et pendant les courses… À force de se côtoyer sur les pontons, les affinités se créent. L’ambiance en Class40 y est pour quelque chose, aussi, même si les équipes se professionnalisent. « Même si ce n’est pas ancré dans le marbre et qu’il faut faire attention à le préserver, c’est une classe qui reste très agréable et conviviale » précise Ian Lipinski.

Cette atmosphère contribue à la bonne entente et facilite le rapprochement entre certains marins. Surtout, il participe à alimenter un ingrédient primordial parmi les skippers : faire toujours preuve de franchise. « Si tu ne joues pas franc jeu avec l’autre sur la réussite d’un projet, l’importance de la performance, tu ne peux pas gagner des courses, souligne Antoine Carpentier. Un co-skipper a autant envie qu’un skipper de performer, sinon on ne le rappelle plus… Donc tout le monde essaie de tout partager au maximum ! »

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