C’est en patron de TR Racing, la structure technique et sportive qui préside à la destinée de son voilier Imoca Advens for Cybersecurity, que Thomas Ruyant a, en toute collégialité, débattu avec ses équipes, tant internes qu’externes, de la manière d’appréhender les mesures de confinement recommandées par les autorités. « J’ai souhaité offrir à chacun la liberté de prendre le recul nécessaire face à cette situation totalement inhabituelle, et de retrouver leur famille avec pour objectif principal la préservation de la santé de chacun. » Le chantier Lorientais est donc pour l’heure à l’arrêt, et tous les techniciens mobilisés par l’optimisation du voilier confinés en leurs foyers. Thomas profite depuis pleinement de moments rares dans la vie d’un marin, aux petits soins pour sa petite famille, tout en continuant à avancer depuis son domicile sur la partie administrative de son entreprise.

Encore un mois de travail…

« A équipe complète, il nous reste un bon mois de travail avant d’envisager pouvoir naviguer » poursuit Thomas. « Tous les « dossiers » techniques du bateau sont ouverts, aménagement du cockpit, électronique, informatique, accastillage, renforcement structurel, peinture, sans oublier les renforts sur nos foils première version. Comme pour tout un chacun, après quelques jours seulement de confinement, il est difficile de se projeter dans un avenir même à court terme. On échange donc beaucoup par téléphone et internet interposés, avec tous les membres de l’équipe, afin d’anticiper les scénarii de redémarrage, et pour ne pas être pris à froid quand l’heure du retour au chantier sonnera. »

Ne pas confondre confinement et solitude

Thomas respecte donc scrupuleusement les conseils sanitaires et de confinement. « Je joue au maître d’école avec mes deux enfants. Ce sont des moments nouveaux pour moi, et que j’apprécie à leur juste valeur. Ce confinement représente une pause singulière dans mon rythme de vie depuis plusieurs années. Pour l’instant, j’en vois tous les avantages. Cela ne ressemble en rien à la solitude du navigateur de course au large. En tant que marin, nous choisissons la solitude, car elle est le support de notre réalisation personnelle, qui s’additionne aux données techniques, sportives de notre discipline. En mer, on analyse, on décortique, on anticipe et on tend vers la plus grande réactivité. Ce qui arrive aujourd’hui à nos sociétés modernes n’a rien à voir. On subit et on attend. »

Etre prêt à redémarrer dès que possible…

L’heure n’est donc pas encore arrivée pour se livrer à de philosophiques réflexions. « Il est vrai que ce qui se passe pousse à l’introspection, sur notre société, nos modes de vie, de consommation, et comment nous impactons notre planète » avoue Thomas. « Peut-être sortira-t’il quelque chose de bon de tout cela. » Le skipper d’Advens for Cybersecurity vit un peu au jour le jour, heureux de pouvoir donner du temps et de l’attention à ses proches, de prendre un peu de hauteur aussi sur son quotidien de marin et de chef d’équipe. « Il ne faudra pas ressortir groggy, assommé de ce temps hors du temps. » ajoute t’il, « Mais au contraire, regonflé, reboosté, reposé, et avec un regard neuf sur nos tâches immédiates. Le sport et la voile en particulier demeurent des sources d’inspirations et des vecteurs d’évasion pour beaucoup d’êtres humains. Soyons prêts à leur offrir tout cela dès que possible… »

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