Le 3 novembre prochain, François Gabart, Gwénolé Gahinet et le mediaman du bord, Jérémie Eloy couperont la ligne de départ de la Brest Atlantiques, pour au minimum 27 jours de mer à bord du trimaran MACIF. Comment le trio s’y est-il pris pour anticiper cette longue vie commune ?

La quête de la performance est une étape fondamentale dans la course au large, puisqu’elle en est à la fois l’objectif et le fil conducteur. Pour la Brest Atlantiques, le savoir-vivre ensemble ne sera pas un vain mot : trois équipiers s’apprêtent à vivre une sorte de huis-clos humide dans les quelques mètres-carrés du trimaran MACIF.

S’il ne connaissait peu Gwénolé Gahinet au moment de l’introniser co-skipper, François Gabart connaissait déjà Jérémie Eloy qui connaissait Gwénolé. Cet été, les trois hommes de belle réputation se sont construit un environnement commun en quelques navigations. « Le facteur humain reste primordial dans ce genre d’épreuve, explique le skipper du trimaran MACIF. Un très bon marin aura beau choisir un autre très bon marin, si les deux ne s’accordent pas, ça ne marchera pas. C’est vrai dans tous les sports : ce n’est pas avec les onze meilleurs qu’on façonne une équipe de foot ».

La capacité du skipper à s’entourer de gens avec lesquels il perçoit des liens a été confortée à l’usage. Jérémie Eloy, le mediaman, Gwénolé Gahinet et François Gabart partagent « quelque chose de naturel, un état d’esprit qui se nourrit de l’envie de se faire plaisir dans la performance, de prendre soin de l’autre et dans la capacité à savoir se remettre en cause. On a la même énergie ». « On partage aussi beaucoup de choses, abonde Gwénolé Gahinet. On pratique tous des sports de glisse, on a des vies sensiblement semblables ; on aime parler musique, nourriture, aventures et on est plutôt en accord, ce qui est très important. »

« Est-ce qu’il y a besoin de poser des règles formelles ? s’interroge le skipper. Notre fonctionnement est très souple, tourné vers l’adaptation, même dans la gestion des quarts. On sait ce dont on a besoin, alors laissons place au feeling ».

Mediaman, lien et cultivateur

Si son rôle de mediaman lui interdit de toucher aux manettes et aux réglages, Jérémie Eloy aura aussi le rôle non officiel de lien entre François et Gwénolé. « Quand j’ai constitué l’équipe, prolonge le skipper du trimaran MACIF, je n’ai pas cherché à faire un duo de marins avec un mediaman, mais j’ai pensé « trio ». Jérémie aura un vrai rôle, tout en restant dans les règles de course. Il va intervenir dans les relations humaines du bord puisqu’il passera du temps avec Gwéno et moi, hors quarts. Il va apporter de l’équilibre, mettre de l’ambiance… »

… et s’occuper aussi de la douce obsession de Gwénolé Gahinet pour la low tech. L’ingénieur de formation est également très investi à titre personnel dans le développement durable et la protection des ressources, et il a réussi à entraîner son skipper dans ses aspirations. « François et moi partageons la même envie d’essayer de faire quelque chose pour l’environnement. La low tech a un lien direct avec notre rapport à la nature et aux évolutions devenues nécessaires dans notre mode de vie. Nous allons tenter des choses, nous en réussirons certaines, en manquerons peut-être d’autres, mais le trimaran MACIF aura été très intéressant en tant que laboratoire d’expérimentation en mouvement ».

Outre la captation des moments de mer, du montage des vidéos et de la préparation des repas, Jérémie Eloy aura également la charge de veiller sur les graines germées et la pousse des champignons. « C’est toujours en laissant à chacun la liberté d’exprimer ses énergies qu’on déplace des montagnes, conclut le skipper. J’essaie d’insuffler ça à Port-La-Forêt au bureau comme à bord du trimaran MACIF. Et l’énergie que déploie Gwénolé sur la low tech est à la fois belle et en phase avec les sensibilités de la Macif et les miennes. Tout est cohérent ».

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