Partis de France, et plus exactement de la Trinité-sur-Mer, le 4 juillet dernier, Clara et Christian Dumard, ont désormais rallié le Groënland. La fille et le père, qui ont ainsi cumulé plus de 2 400 milles pour reprendre leurs marques et leurs petites habitudes à bord de leur Sun Fast 37 « Happy Trip », ont, certes, cumulé quelques petites galères lors de leur convoyage, mais ces dernières n’ont fait que renforcer leur détermination dans leur projet de record du passage du Nord-Ouest sans assistance et uniquement à la voile. Aussi, si pour l’heure ils se trouvent à Nanortalik, dans la municipalité de Kujalleq, afin de régler des soucis de grand-voile et de démarreur de moteur, ils devraient avoir rejoint Nuuk, la capitale, située sur la côte sud-ouest du pays, dans le week-end. Dès lors, à partir du 4 août, ils entameront leur période de stand-by, à l’affût de la bonne fenêtre météo qui leur permettra de se lancer à l’assaut du premier temps de référence entre le Groenland et le Détroit de Béring (Alaska) homologué par le WSSRC.
Les choses se précisent pour Clara et Christian Dumard. Après avoir rallié le Groënland en deux temps, avec une escale de deux nuits en Irlande, la fille et le père se trouvent désormais à Nanortalik où ils procèdent aux petites réparations nécessaires avant de rejoindre Nuuk, situé à 380 milles de là. « Sur ce convoyage entre la France cette île immense du Groenland, nous avons globalement rencontré des conditions plutôt agréables. Cela nous a permis de nous remettre petit à petit dans le bain, de reprendre une espèce de routine à bord, mais aussi de nous acclimater en quelque sorte puisqu’à mesure que nous avons progressé, nous avons vu la mer se former, l’eau devenir plus froide, les températures chuter… les éléments se sont ajoutés progressivement les uns aux autres », a expliqué Clara qui a cependant connu des derniers milles un peu épiques. « A l’arrivée, on a décidé d’emprunter le chenal du Prince Christian, un passage très étroit entre des falaises très imposantes où le vent est soit inexistant, soit un peu fort. Là, une pièce du moteur a lâché et on s’est retrouvé sans batterie et sans pilote automatique. On n’a donc pas eu d’autre choix que de mettre les voiles pour s’extirper de ce couloir où à la fois les glaces et le brouillard se sont invités. Heureusement, on avait pu faire une réparation de fortune sur la grand-voile que l’on avait déchirée peu avant, mais ça a été un moment fatiguant car la visibilité était nulle et le GPS ne portait plus à cause des falaises. On a constamment été sur le pont et on a donc très peu dormi », a commenté la jeune navigatrice qui, une fois sortie de ce passage délicat, a dû composer avec un vent soufflant autour de 30 nœuds, au près, dans une brume à couper à couteau.
Des problèmes, mais toujours des solutions
« Comme les ennuis arrivent toujours en escadron, on a aussi connu un problème de drisse de trinquette. On a ainsi fini avec trois ris dans la grand-voile en tirant des bords et des bords pour remonter au plus près de la côte, à la recherche d’un village pour mouiller », a détaillé Clara qui a alors trouvé refuge à Nanortalik. « Actuellement, au Groenland, les nuits durent environ trois heures. Nous avons donc attendu les premières lueurs du jour pour nous glisser à couple d’un bateau, le seul autre voilier présent dans le port. Coïncidence, le propriétaire de ce dernier, un Anglais, venait d’être confronté au même problème de pièce moteur que le nôtre, et nous avons eu cette chance inouïe qu’il décide de nous donner non seulement le contact d’un mécanicien mais aussi et surtout la fameuse pièce qu’il venait de recevoir. Cela nous a permis de tout réparer et recharger les batteries en seulement une heure de temps ! Incroyable ! », a détaillé Clara Dumard qui a également profité de ce pit-stop un peu imprévu pour faire sécher puis réparer sa grand-voile ainsi que sa drisse endommagée. « Avec tout ça, on est bien cramé, mais on est content car nous allons pouvoir poursuivre normalement », a ajouté l’étudiante qui devrait quitter Nanortalik pour Nuuk dans les prochaines heures. « Nous devrions y être dans deux jours et demi. La bonne nouvelle, c’est que jusqu’à hier, les fichiers nous annonçaient du vent du nord or depuis, les prévisions ont changé et nous devrions profiter d’un flux de secteur sud pour rejoindre la capitale où nous prévoyons toujours de débuter notre période de stand-by à partir du dimanche 4 août », a terminée Clara Dumard.