François Gabart fin prêt avant de retrouver le trimaran MACIF
C’est dans un peu plus d’un mois que François Gabart reprendra la barre de son trimaran MACIF, qui sortira fin juillet d’un important chantier d’optimisation.
« J’ai hâte de découvrir le résultat de tout le travail de l’équipe », confie celui qui, depuis son record du tour du monde il y a six mois, a passé beaucoup de temps à faire du sport, mais également au bureau avec son équipe.
Récupération, sport et rencontres avec la Macif
Rentré harassé de son tour du monde record le 17 décembre dernier, François Gabart a d’abord passé du temps auprès des siens à tenter de récupérer de ses 42 jours 16 heures et 40 minutes de folle intensité. « Cette période de récupération n’est pas encore tout à fait terminée, je pense qu’il me reste encore quelques semaines pour revenir à l’équilibre, estime-t-il. Mon objectif est de retrouver un état de forme optimal le 4 novembre pour le départ de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe ». Pour faciliter cette récupération, le skipper du trimaran MACIF, qui n’a quasiment pas navigué en six mois, s’est très vite remis au sport, essentiellement sur l’eau, à savoir kayak, surf et paddle, disciplines qu’il pratique assidument. « C’est un support idéal pour la préparation physique, mais également au niveau des sensations, d’autant que depuis quelques semaines, je me suis mis au paddle à foil, ça me rapproche des problématiques que je rencontre en bateau ». Parallèlement à cette période de remise en forme, François Gabart a sillonné la France pour aller à la rencontre des collaborateurs de la Macif, qui, pendant les 42 jours de son tour du monde, ont suivi passionnément sa marche triomphale vers le record. « Ce sont toujours des moments privilégiés. Si je fais ce métier qui est pour moi une vraie passion, c’est aussi pour partager ce que je vis en mer avec les gens qui me suivent à terre », explique-t-il.
Un trimaran à modifier
Après avoir beaucoup navigué seul sur l’eau en 2017, François Gabart a surtout passé du temps en équipe et dans ses bureaux de Port-la-Forêt ces six derniers mois. Et pour cause, puisque les dossiers ne manquaient pas, avec d’abord la transformation de l’actuel trimaran MACIF vers un mode plus volant. « Ce projet d’évolution existe depuis le début de la conception du bateau en 2013, nous savions déjà à ce moment-là que nous ferions des modifications importantes au cours de cet hiver 2017-2018. Nous y avons réfléchi très concrètement au printemps 2017, le gros du travail de conception a été fait dans les mois suivants », explique le Charentais. Une phase de conception dans laquelle il s’est fortement investi : « C’est important d’être présent pour que les évolutions correspondent à ce dont j’aurai besoin en mer pour pousser le bateau le plus loin possible », confirme François Gabart qui ajoute, à propos de ce chantier de plus de six mois : « L’objectif était de remettre un coup de boost à MACIF après plus de deux ans de navigations au cours desquelles nous avons principalement travaillé sur sa fiabilisation, avec succès, puisque nous n’avons pas eu d’avaries majeures lors du tour du monde. Là, nous nous sommes surtout concentrés sur la performance, et plus particulièrement sur le vol, l’enjeu majeur du moment ».
Cette réflexion menée avec le bureau d’études de MerConcept, les architectes de VPLP et la société GSea Design, spécialisée dans le calcul de structures, a débouché sur la construction de nouveaux appendices, foils et safrans, mais également sur une somme de détails (hydrodynamisme, nouveau pilote automatique, amélioration de l’ergonomie…), qui feront de MACIF un bateau plus performant : « Le trimaran MACIF en version 2018 sera clairement très différent de celui que nous avons connu jusqu’ici. Nous pensons et nous espérons que ce travail nous permettra de jouer avec les autres bateaux sur la Route du Rhum, notamment les derniers-nés. Ça va être une course passionnante parce que ce sera la première fois que nos bateaux se rencontreront ».