






Du 18 au 20 septembre, date limite d’arrivée des bateaux dans le bassin des Chalutiers, l’écluse qui sépare le bassin du chenal d’accès au Vieux Port, a été soumise à un trafic incessant. Maintenant que tous les Minis sont à bon port, place aux contrôles de sécurité, briefings et sollicitations médias pour les 81 concurrents.
Cette petite quinzaine de jours avant le départ de la Mini-Transat a toujours un caractère ambivalent pour les coureurs. D’un côté, il y a le plaisir de retrouver les copains, ceux avec qui l’on a partagé deux années de préparation pour la plupart. Entre les courses d’avant saison, les sorties d’entraînements programmées par les différents pôles, des liens se sont noués. On n’en est plus aux relations de bon voisinage ; le partage est d’autant plus fort que chacun sait qu’il se prépare à une aventure hors du commun.
D’un autre côté, on ne peut pas empêcher cette petite boule au ventre qui commence à poindre parfois. Cette fois-ci, c’est la bonne, le grand saut dans l’inconnu pour la grande majorité des solitaires présents à La Rochelle. Et même les récidivistes savent que prendre le départ pour aller traverser l’Atlantique n’a rien d’anodin.
C’est maintenant récurrent, à chaque départ de course hauturière, les pilotes de la 24F viennent distiller leurs conseils pour informer les concurrents sur les conduites à tenir en cas de détresse. Tout ce qui concerne la sécurité y passe : de la bonne utilisation des fusées de détresse, aux moyens de se faire repérer par un avion de surveillance, en passant par les consignes à suivre en cas d’évacuation de son bateau. Les pilotes s’appuient sur leur expérience de sauveteurs du large, pour parler de situations vécues, donner des conseils pratiques. Si ces quelque deux heures de briefing sécurité peuvent s’avérer un peu anxiogènes, elles sont néanmoins nécessaires pour éviter les états de panique. Les quelques coureurs au large qui ont été confrontés à ces situations de détresse le reconnaissent tous. Sans ces briefings sécurité, ils n’auraient peut-être pas eu les réactions adéquates.
La Mini-Transat La Boulangère, c’est aussi l’occasion pour le public de découvrir de nouveaux visages, de toucher du doigt la vie à bord de ces bateaux atypiques que sont les Minis, de découvrir ceux qui seront peut-être les grands noms de la voile de demain.
Pour autant, les solitaires ne vont pas avoir le temps de s’ennuyer durant les dix jours qui vont précéder le départ. Veiller à l’avitaillement, contrôler les check-lists, embarquer les éléments de confort moral (petites douceurs, mots des copains, photos de familles, gri-gri) qui serviront les jours de perte de confiance, vérifier pour la énième fois le gréement… bref, faire que tout soit parfaitement prêt le jour du départ. Il est révolu le temps où la majorité de la flotte jouait encore de la perceuse la veille du départ. Pour autant, une fois sur l’eau, il sera trop tard pour se dire qu’on a oublié les allumettes.