Trois jours d’avance au Cap Horn pour Thomas Coville ?
31 jours ! Cela fait 31 jours qu’il traverse les océans en solitaire sur son grand multicoque.
Aujourd’hui mercredi 7 décembre à 17 heures soit un mois et un jour après son départ de Ouessant, Sodebo Ultim’ est positionné à 140 milles du Cap Horn, le dernier des trois caps du tour du monde à la voile.
Les routages prévoient un passage entre 0h00 et 4h00 cette nuit (heure française) avec à la clé un record du Pacifique et plus de trois jours d’avance sur le record à battre.
10EME CAP HORN POUR THOMAS COVILLE
Toujours en avance sur le record de Francis Joyon, le skipper de Sodebo Ultim’ devrait passer le Cap Horn ce soir. Ce passage toujours symbolique aura sans doute une saveur particulière pour Thomas qui franchira le fameux cap pour la dixième fois (5 fois en mode record et 5 fois en mode course).
LE CAP HORN, UN COIN MAL FAMÉ
En s’approchant de la pointe la plus sud du continent sud-américain, Thomas quitte la navigation au large (hauturière) pour une navigation appelée côtière. Le skipper de Sodebo Ultim’ avance dans un couloir situé entre la péninsule Antarctique située à 595 milles au sud et, au nord, le Cap Horn qu’il laissera sur sa gauche (à bâbord).
Après deux semaines de vitesse pure pour traverser l’Indien et le Pacifique, il s’agit aujourd’hui de maximiser l’allure du bateau dans des petits airs de 10 à 15 nœuds pour ne pas laisser s’échapper la dépression qui suit. Et ce n’est pas simple !
La météo dans ce coin mal famé de la planète est imprévisible. Quand on s’approche des côtes, les vents descendent des hauteurs, ils sont capricieux, parfois violents ou erratiques et souvent instables.
Aujourd’hui, la situation est complexe avec une zone de glace qui empêche Thomas Coville d’aller jouer vers l’est et une zone sans vent qui est très proche et qui suit sa route en l’accompagnant vers l’est et le nord.
Mais avant le Horn, il y a l’île de Diego Ramirez qui représente un danger de navigation. Des remous, du ressac, des hauts fonds, des zones sans vent et des cailloux, le skipper solitaire va naviguer pour la première fois depuis son départ près des côtes. Thomas Coville devra s’adapter entre ce que disent et annoncent les fichiers et la réalité de la situation sur la zone du fameux cap.
Joint par téléphone cet après-midi à 17H00 et à 140 milles de son passage au Cap Horn, le skipper de Sodebo Ultim’ partage sa joie de se retrouver là après seulement un mois de mer. Il est heureux de laisser derrière lui l’Indien et le Pacifique.
A partir de demain, il s’éloignera peu à peu des régions hostiles et désertes du grand sud balayé par les dépressions et les vents glacials. Thomas Coville entamera cette nuit la dernière partie du tour du monde à la voile, la remontée de l’Atlantique en direction de Ouessant, son point de départ. C’était il y a 31 jours et quelques heures.